La Princesse de Lamballe, « l’amie intime » de la Reine

Que dire sur cette chère Lamballe, « qui semblait n’attendre que le danger pour montrer tout ce qu’elle vaut », comme le disait la Reine, son amie.

Pour sa part, Marie-Antoinette n’a jamais pu songer sans attendrissement à tant de vertu dont la Princesse de Lamballe honora le sexe.IMG_1326

Cette princesse a connu la joie  de répandre la bonté ; elle a approché les cœurs les plus délicats ; elle a été guidée par l’exercice des vertus chrétiennes. Elle s’y employait avec autant de douceur que de dévouement. Cependant, ses charitables occupations n’ont pas suffi pour créer une diversion à ses réflexions.

Elle n’a pas mesuré le temps ; elle n’attendait rien…

Elle assista à l’union de Marie-Antoinette avec le Dauphin, en 1770. Presque immédiatement, c’était créé le lien le plus mystérieux de la sympathie spontanée entre elle et la Dauphine. Elle retrouva enfin l’espérance, après le deuil de son époux en mai 1768, car elle avait été mariée, juste assez de temps pour être initiée à l’amour et à la douleur d’en sentir le déclin.

A peu près de son âge, égarée parmi les petites intrigues de la cour et les flatteries, l’attention dont l’honorait Marie-Antoinette aussi discrète fut-elle, suffit à susciter les jalousies. Elle devint son amie la meilleure ; malgré ses amitiés antérieures, Marie-Antoinette trouva plus de joie  de goûter la tendresse de sa nouvelle compagne trop disposée à flatter ses caprices et ses fantaisies. Son amie n’avait plus qu’à suivre ses suggestions et à s’y conformer, pensait-on.

Eh bien, nous dirons plutôt que l’administration de  la Maison de la Reine était complexe ; elle exigeait de l’autorité personnelle.Lamballe

Le poste de surintendante ayant été supprimé par Fleury, Marie-Antoinette fit rétablir la charge en faveur de la Princesse de Lamballe. Marie-Antoinette était Reine depuis 1774. Lamballe signa le 16 septembre 1775  et prêta serment le 18 ou 19 du même mois. Mais il se forma une cabale pour restreindre les pouvoirs de la surintendante.

Avant le « règne » de la Princesse de Lamballe, la dame d’honneur de Sa Majesté, qui commandait tout ce qui avait trait à la chambre de la Reine, était la Comtesse de Noailles, « Madame l’Etiquette », tandis que sa dame d’atour, dont les pouvoirs s’étendaient sur tout ce qui concernait la garde robe de la Reine, était la Duchesse de Cossé. Elles quittèrent leur charge et furent remplacées, pour la première, par la Princesse de Chimay et pour la seconde, par Mme de Mailly.

Mme de Lamballe eut pour seule consolation d’être logée près des appartements de la Reine.

« Notre tendresse respective l’une pour l’autre avait de ces pudeurs qui nous obligeaient à nous effacer devant notre propre regard ».

L’habile ambassadeur Mercy nommait cette amitié : « une affection toute particulière pour Marie-Antoinette ».

Si cette chère Lamballe avait été là, à Versailles en ces temps de 1786, jamais l’Affaire du collier n’eut vu le jour et jamais  éclaboussures  n’eurent couvert la personne de la Reine de telle impopularité.

« Voyez de quelle injustice auréole les têtes couronnées ! Ne me rendra-t-on jamais justice ? »

Chaque matin, quand elle voyait arriver son amie avant l’heure du cercle, elle avait coutume de lui dire en riant : « Eh bien ! Aujourd’hui, est-ce à une veuve désolée, à un vieillard infirme, ou à quelques jeunes filles pauvres, que je dois le plaisir de vous voir d’aussi bonne heure ? Ils font bien de s’adresser à vous, car ils savent que je ne puis rien vous refuser ».

Marie-Antoinette était si habituée aux demandes de Mme de Lamballe pour quelques grâces…

Elle devait lui manquer terriblement. Elle a du trembler de peur et de rage pour celle qui, au cœur de la tourmente, lui jura fidélité en ces termes :  « Je vous ai juré, Madame, respect et fidélité ; ce serment est bien doux à mon cœur, et je  le tiendrai. Non, je ne quitterai point la France tant que vous y serez ».

Et, quand elles fussent enfermées au Temple. Aussitôt dans cette triste demeure, elle se jeta dans les bras de sa chère Lamballe et lui dit ces mots :

– Vous avez voulu vous attacher à mon sort. Ah ! Mon amie, vous voyez ce qui me reste de ma grandeur passée !…Des fers.

– Je sais, Madame, tout ce que vous avez à craindre ; mais je préfère mon sort à la destinée la plus brillante, puisqu’il me procure l’avantage de vous donner la plus grande marque de mon attachement. Je tremblais qu’ils ne nous séparassent, mais depuis que je suis assurée, ou de mourir ou d’être délivrée avec vous, je me trouve heureuse.

Il était minuit quand on vint les chercher. Le conseil  de la Commune délibéra «  dans sa grande sagesse », que les dames de Lamballe et de Tourzel seraient entendues.

– Ah ! Dit-elle à Lamballe, ils nous envient jusqu’à la douceur de répandre des larmes ensemble ; les monstres ! Mais, ma chère Lamballe, si vous obtenez votre liberté, profitez-en, je vous conjure, pour mettre votre vie en sureté. Nous ne pouvons plus être réunies et n’augmentez pas encore mes maux par l’inquiétude que j’aurai sur vous.IMG_1409V

– Adieu, prononça-t-elle, des larmes plein les yeux.

La Princesse de Lamballe avait  cette fierté qui est le ferment du courage. C’était une femme qui ne cherchât ni les satisfactions de l’orgueil ni les succès de la beauté ou de l‘esprit, mais qui trouvât le bonheur dans la vertu et la gloire du sacrifice….

 

 

Marie-Antoinette transférée à la Conciergerie

Dans la nuit du 2 aoùt 1793, quatre administrateurs de la police, avec à leur tête un dénommé Michonis, entourés des commissaires de gardes, sont venus chercher Marie-Antoinette, pour la transférer dans une nouvelle prison.  Il était une heure du matin, elle était réveillée. Un décret avait été voté par la Convention depuis seulement quelques heures. La Veuve Capet devait être écrouée à la Conciergerie pour être renvoyée devant le « Tribunal extraordinaire ». Sans dire un mot, elle se leva. Elle n’avait plus la force de réagir, et sans s’émouvoir, aidée de sa fille et de sa belle-sœur, elle prépara le paquet de ses  vêtements. Puis, en présence de ces hommes qui avaient envahi sa chambre et refusaient de la laisser seule, elle s’habilla, et à leur demande, leurs « donna ses poches ». Ils prirent tout ce qu’il y avait dedans quoique cela ne fût pas du tout important ; ils en firent un paquet et dirent qu’ils l’enverraient au Tribunal révolutionnaire. Après l’avoir fouillée, ils lui laissèrent seulement un mouchoir et un flacon  « de peur qu’elle se trouvât mal ».

On la pressa. La Reine enlaça Marie-Thérèse, l’embrassa tendrement, la serra fort contre son cœur et lui recommanda de prendre courage, d’avoir bien soin de sa santé et de celle de sa tante, de lui obéir comme une seconde mère. Elle lui renouvela les mêmes instructions que son pauvre époux et elle se jeta dans les bras de sa belle-sœur. Elle lui confia ses enfants.

Après quelques mots bas que lui dit Elisabeth, elle partit sans jeter les yeux sur elles, de peur que sa fermeté l’abandonnât. Marie-Antoinette quitta, sans se retourner, cette chambre où elle vécut durant plus de neuf mois.

Au rez-de-chaussée, les municipaux dressèrent un procès-verbal « pour se décharger de la  personne de la Veuve Capet ». Elle resta là, debout, portant son balluchon et attendant que ces messieurs terminassent leur paperasserie.

Les opérations achevées, on la poussa vers le jardin. Elle sortit, et ne pensant pas à se baisser, elle se frappa le front au dernier guichet. Michonis lui demanda si elle s’était fait du mal. « Oh ! non, répondit-elle, rien à présent ne peut plus me faire du mal ». Une horloge voisine sonna deux heures et demie quand elle descendit dans la vaste cour où attendaient trois fiacres entourés d’une vingtaine de gendarmes à cheval. Des cavaliers portaient des torches pour les éclairer. La Reine prit place dans la première voiture, avec Michonis et deux gendarmes et partit pour la Conciergerie.

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Il était trois heures du matin, quand elle arriva dans sa nouvelle prison. Il faisait très chaud cette nuit ; de son mouchoir, elle essuya, à trois reprises, la sueur qui glissait sur son front.

On la conduisit directement dans la chambre qui lui était destinée, sans passer par le greffe. On l’écrouerait dans sa cellule. Elle parcourut un long corridor noir qui donnait sur une porte de chêne massive garnie de deux énormes verrous. Une grosse clé tourna bruyamment dans une vieille serrure et l’on entra.

Sa cellule était une petite pièce voûtée du rez-de-chaussée, basse et froide, toute suintante d’humidité. Elle prenait jour par une fenêtre armée de lourds barreaux, située presque au niveau du sol de la cour des femmes. Le sol de sa chambre était carrelé de rouge en briques sur champ. Sur les murs, on apercevait encore les lambeaux d’un vieux papier bleu à fleurs de lys jaunes, rongé par le salpêtre.

L’après-midi, Madame Richard, la femme du concierge, avait fait chercher un lit de sangle, deux matelas, l’un de crin et l’autre de laine, un traversin, une couverture, un fauteuil en canne servant de garde-robe et un « bidet de basane rouge garni de sa seringle » ; le tout était neuf.

Mme Richard avait ajouté une table et deux chaises de paille. Elle l’attendait accompagnée de sa jeune et jolie servante Rosalie Lamorlière. Cette dernière lui prêta un tabouret d’étoffe sur lequel elle monta pour accrocher sa montre à un clou rouillé planté dans la muraille.

Elle commença à se déshabiller pour se mettre au lit, quand la servante s’avança timidement et offrit de l’aider.

– Je vous remercie, ma fille, lui dit-elle avec douceur, mais depuis que je n’ai plus personne, je me sers moi-même.

Il faisait jour, quand Mme Richard et Rosalie emportèrent les flambeaux.

Réveillée plus tard dans la matinée, elle croyait être en proie à un cauchemar. Pour se convaincre que c’était la réalité, il lui fallut s’interroger longtemps. « Où suis-je ? » « Est-ce que je rêve ? » Elle se trouvait, à présent, à la Conciergerie qu’elle connaissait pour être l’antichambre de l’échafaud.

Quel changement ! Au Temple, elle n’était pas seule, entourée de sa fille et de sa sœur bien-aimée.

Elle ne voyait plus son fils mais elle le ressentait tout près d’elle.

Le Temple était empreint de gravité et invitait au recueillement ; il rassemblait le souvenir pathétique et sacré de Louis XVI.

Au Temple, il y avait encore de la propreté et un peu d’air. A la Conciergerie, tout était insalubre, nauséeux, répugnant. Le lieu était imprégné de la sueur et du sang des condamnés.

Elle se leva à sept heures, ce matin-là. Elle fit sa toilette devant le petit miroir que lui avait prêté Rosalie.

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On imagine que la haine de ses bourreaux ne pouvait pas même lui laisser la seule consolation de la solitude. Dès le matin, la présence de deux hommes lui avait été imposée : celle du « gendarme national » Jean Gilbert et de son chef, le maréchal des logis François Dufresne. Un paravent séparait la pièce en deux parties afin qu’elle puisse s’habiller et s’isoler sans être vue de ses deux gardiens.

Mr Richard lui avait envoyé, dès ce matin, la femme Larivière, ancienne concierge de l’Amirauté. Elle avait près de quatre-vingt ans et lui avait fait bonne impression. Pendant trente années, elle avait été attachée à la Maison du Duc de Penthièvre pour lequel Sa Majesté avait une haute estime.

Tout ceIMG_1408Nla dut lui faire songer à sa chère Princesse de Lamballe. Elle devait lui manquer affreusement… Elle n’était pas sans savoir que c’était le peuple français qui l’avait sauvagement étripée et avait promené sa tête au bout d’une pique, dans le seul dessein de la lui montrer, sous les fenêtres du Temple…

« Votre Reine n’est plus qu’une femme comme les autres, vêtue comme une femme du peuple, traitée comme une criminelle » Marie-Antoinette.

 

 

Derniers jours au Temple

La Nation Française l’accusa d’être la cause de tous ses maux…  On lui annonça qu’elle était responsable de la ruine du pays et l’on porta des accusations contre elle, sûrement toutes aussi fausses que celles qui avaient fait périr son auguste époux sur l’échafaud…

Elle s’attendait donc à une fin aussi malheureuse et aussi ignominieuse que celle du Roi, mais elle y était enfin décidée car ce n’était pas la mort qui l’effrayait, c’était la vie de ses enfants qui l’inquiétait ; peut-être le même sort les attendait…

Tout était dit ! Marie-Antoinette avait compris où voulait  en venir la « République ».

Nous commencerons donc ce retour au passé par le 30 juillet 1793, quand tout fut pratiquement joué. On allait bientôt  transférer la Reine à la Conciergerie, pour, enfin, la condamner au trépas…

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 Le Temple

On ne peut ignorer combien le temps lui durait dans cette chambre de la Tour du Temple où elle était enfermée avec sa fille, la petite Madame Royale, « Mousseline » pour les intimes et sa belle-sœur Elisabeth.

En dépit de leur présence, depuis le départ du Dauphin, elle se sentait si seule face à son destin… Pauvre enfant, il n’avait que 8 ans, le petit Duc de Normandie !

Depuis l’exécution de son auguste époux, elle n’avait jamais consenti à descendre dans le jardin. Elle ne prenait l’air qu’au sommet de la tour, sur la plate-forme. Cette plate-forme était coupée en deux parties par des cloisons en bois truffées de fentes. A travers ces dernières, Elle pouvait apercevoir son enfant, mais seulement par hasard, à condition que les deux promenades se fissent en même temps.

Ce hasard, elle l’attendait fiévreusement. Son cœur battait si fort, dans l’angoisse de cette attente, que sa poitrine en était comme brisée.

 

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Apercevoir Louis Charles était la chose au monde qu’elle désirait le plus. Les yeux clos, l’oreille collée sur la cloison de planches, elle frissonnait à chaque mouvement, à chaque bruit de pas. Etait-ce lui ? se disait-elle : Non, ce n’était pas son enfant mais quelque municipal ou quelque employé faisant sa ronde, et anéantie, elle retombait dans l’abîme du désespoir.

Depuis quelques jours son fils n’apparaissait plus sur la plate-forme, cependant elle ne se décourageait pas. Elle remontait chaque jour sur cette dernière, anxieuse, attendant sans cesse.

Mais un jour, enfin, pendant qu’elle regardait à travers la fente de la cloison, le Dauphin passa devant elle. Elle le vit sans qu’il se doutât qu’il était près d’elle. Elle le vit, sans pouvoir crier : je suis là ! Elle le vit, pâle et maladif. Il portait sur sa charmante petite tête le hideux bonnet phrygien, sur son visage la trace de la souffrance et de la persécution. Elle le vit tourmenté par Simon, qui, de mauvaise humeur parce qu’il venait d’apprendre la prise de Valenciennes par le Duc d’York, jurait et blasphémait, en faisant retomber sa colère sur le cher enfant. Que ne fut-il mort lui aussi ! Plutôt que le revoir vivant d’une vie pire que la mort, le revoir flétri, dégradé, livré à des misérables qui maltraitaient son corps, qui auraient voulu tuer son âme, le revoir dans cette atmosphère d’impiétés, de blasphèmes, le jouet, la proie d’un tel démon ! Ce Simon !

Dans ses rêves les plus funèbres, dans ses pressentiments les plus funestes, elle n’aurait jamais pu concevoir cela… Oh ! Voilà le comble de la douleur !

Marie-Antoinette le voyait, ce fils bien-aimé, elle le voyait et elle ne pouvait se précipiter jusqu’à lui, le serrer contre son cœur, le couvrir de larmes et de baisers. Elle le voyait et elle ne pouvait lui parler et peut-être, ne pourrait-elle plus jamais lui parler. Jamais son enfant n’entendrait plus les accents de sa voix, la voix de sa protectrice, de sa mère. Une mère qui le consolait quand il était malade, quand il souffrait, quand il pleurait. Le revoir ainsi, dans un pareil état d’humiliation et de misère ! Ne pouvoir le défendre contre ces monstres, l’arracher à ses tigres, à ces corrupteurs, à ces infâmes !

Sur cette plate-forme de la Tour du Temple, à cet instant si désiré et si cruel où elle aperçut son fils, elle fléchit, elle éclata en sanglots avant de redescendre, brisée, désespérée, dans sa chambre de captive. Elle regarda  la place où se trouvait autrefois le lit de son enfant, l’endroit où elle lui donnait des leçons, où elle lui faisait faire sa prière. Tous ces souvenirs envahissaient son âme et elle se demanda ce qu’elle avait fait pour que la Providence l’accablât sous l’insupportable fardeau d’une telle désolation !

Ses pressentiments ne la trompaient pas. Elle savait bien qu’il souffrait. Il serait malheureux à cent lieues d’elle que son cœur le lui dirait.

Depuis deux jours, Marie-Antoinette souffrait, elle s’agitait, elle tremblait ; C’est que les larmes que son pauvre enfant répandait loin d’elle, elle les sentait tomber sur son cœur. Elle n’avait plus de goût à rien ; Dieu s’était retiré d’elle ; elle n’osait plus prier…

Il lui restait encore, lui diriez-vous, sa fille et son incomparable belle-sœur. Mais pour combien de temps encore ? Elle l’ignorait…

 

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Mme Elisabeth, sœur du Roi (à gauche)

Mme Royale, fille de Marie-Antoinette et de Louis XVI, (à droite).

Bonjour !

Bienvenue sur le blog lencrier-de-toinette.fr, passionnément vôtre !

Bonjour ! Je me présente, Lady Sharon Chase, photojournaliste et écrivain. J’ai plusieurs passions : le cheval, la photo, l’écriture, et passionnément Marie-Antoinette…

Ce blog sera donc consacré à notre Reine bien-aimée Marie-Antoinette.

J’écris depuis l’âge de 11 ans, et j’ai publié mon premier livre à trente-trois. Il s’agissait d’un ouvrage sur le Champagne aux Editions Hoebeke.

Depuis, j’ai écrit des livres qui ne sont pas tous publiés. Or, je prépare, en ce moment, un roman historique dont Marie-Antoinette sera le personnage principal.